Chartreux ou british shorthair bleu : les différences qui comptent à l'achat
Sommaire7 sections
- 01Deux races, une même couleur qui brouille tout
- 02La silhouette : un triangle contre un pavé
- 03La tête : un museau qui parle et un visage qui sourit
- 04Le poil : sec au toucher contre dense et doux
- 05Les yeux et l'ossature, deux indices plus discrets
- 06Le pedigree, seule preuve qui ferme le débat
- 07Pourquoi la différence compte vraiment
Un couple vient nous voir avec une photo trouvée sur une petite annonce : un chat bleu, trapu, les yeux orange. « C'est un chartreux, non ? » Neuf fois sur dix, la photo montre en réalité un british shorthair bleu. Les deux races se ressemblent tellement sur une image de mauvaise qualité que même des passionnés s'y trompent. À l'achat, pourtant, la confusion se paie : papiers absents, origines invérifiables, et parfois des attentes de caractère qui ne correspondent pas au chat qu'on ramène chez soi.
Deux races, une même couleur qui brouille tout
Le chartreux et le british shorthair bleu partagent la même robe : un bleu gris uni, sans motif ni marque blanche. C'est cette couleur qui a créé la confusion depuis des décennies, au point que certains éleveurs britanniques du vingtième siècle ont utilisé des chartreux pour fixer le bleu chez leurs british. Génétiquement, les deux races restent distinctes, avec des standards séparés au LOOF et dans les fédérations internationales.
La couleur ne dit donc rien sur la race. Ce sont la silhouette, la tête et la texture du poil qui permettent de trancher, à condition de savoir où regarder.
La silhouette : un triangle contre un pavé
Le chartreux a une carrure puissante mais reste inscrit dans une forme plus longue, presque rectangulaire vu de profil, avec des pattes relativement hautes pour son gabarit. Le british shorthair, lui, recherche l'effet « teddy bear » : un corps très trapu, des pattes courtes, une masse musculaire concentrée qui donne une impression de compacité extrême.
Debout côte à côte, un chartreux adulte paraît plus élancé et plus mobile qu'un british, même quand les deux pèsent à peu près le même poids. Un éleveur qui connaît les deux races reconnaît souvent la différence en quelques secondes, avant même de regarder la tête.
La tête : un museau qui parle et un visage qui sourit
La tête du chartreux dessine ce que les éleveurs appellent parfois un « sourire », lié à la structure des mâchoires et à des bajoues marquées chez les mâles adultes. Le museau reste net, avec une truffe qui garde un profil légèrement busqué, sans rupture brutale.
Chez le british shorthair, la tête est ronde de façon beaucoup plus radicale, avec un stop nasal (la cassure entre le front et le nez) nettement plus marqué et un museau plus court. C'est ce visage très arrondi, presque plat de face, qui donne au british son allure de peluche.
Le poil : sec au toucher contre dense et doux
La texture de la fourrure change beaucoup entre les deux races. Le chartreux a un poil court, dense, légèrement laineux à la base, avec une main plutôt sèche au toucher, presque comme de la laine brute. Le british shorthair a un sous-poil très développé qui donne une texture plus douce, plus « peluche », et une impression de densité encore supérieure.
Un chaton chartreux qu'on caresse pour la première fois surprend souvent par ce toucher moins soyeux qu'attendu. Ce n'est pas un défaut de la race, c'est sa texture normale, héritée de son passé de chat de ferme plus que de salon.
Les yeux et l'ossature, deux indices plus discrets
Les yeux du chartreux vont du jaune cuivré à l'orange, avec une préférence marquée pour les teintes vives chez les sujets présentés en exposition. Le british shorthair bleu accepte une palette plus large, incluant parfois des yeux cuivre, or ou orange, ce qui limite l'intérêt de ce critère pris isolément.
L'ossature, en revanche, donne une piste utile : le chartreux a des membres fins par rapport à sa masse musculaire, ce qui contraste avec l'ossature massive et les pattes courtes du british. Sur un chaton encore en croissance, ce repère reste toutefois moins net que chez un adulte.
Le pedigree, seule preuve qui ferme le débat
Sur un chaton de quelques mois, tous ces critères morphologiques restent flous : la tête n'a pas fini de se dessiner, le poil de bébé ne ressemble pas à celui de l'adulte. Le seul document qui tranche sans ambiguïté, c'est le pedigree délivré par le LOOF ou une fédération reconnue, qui indique la race exacte des parents et donc celle du chaton.
Un chaton sans papiers vendu comme « chartreux » ou « type chartreux » n'engage personne sur la race réelle. Le vocabulaire commercial « type chartreux » ou « chartreux poil court » que l'on croise parfois sur des annonces n'a aucune valeur officielle et cache souvent un chat sans pedigree, croisé ou simplement un british bleu mal identifié.
Pourquoi la différence compte vraiment
Un pedigree change la nature de ce qu'on acquiert : un chaton dont les parents sont identifiés et déclarés, avec une traçabilité vérifiable, pas seulement une couleur de robe reconnue à l'œil. Cette valeur existe aussi bien chez le chartreux que chez le british shorthair bleu, deux races recherchées en France pour des raisons différentes. La présence de ce document, plus que la race elle-même, explique l'essentiel de l'écart entre un chaton pedigree et un chaton sans origines.
Demander à voir le pedigree des parents avant tout paiement reste le seul moyen sérieux d'éviter la déception. Un éleveur sérieux le montre sans difficulté et explique volontiers, photos à l'appui, ce qui distingue sa portée d'un british bleu.
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